Notre fameuse « Poe Rava », la perle « noire » de Tahiti est créée par une variété d’huîtres, la Pinctada Margaritifera que l’on retrouve principalement dans les eaux polynésiennes des archipels des Tuamotu-Gambier depuis la surface jusqu’à une soixantaine de mètres de profondeur.
La nacre polychrome unique et exceptionnelle de cette espèce apporte à la perle de Tahiti toute la gamme de couleurs et de nuances tant recherchée.
Dans le décor paradisiaque des eaux turquoise des lagons, la magie peut débuter.
Pinctada Margaritifera à l'état sauvage.
Les huîtres sont hermaphrodites, d’abord mâles puis femelles après environ 2 ans.
Elles se reproduiront en relâchant des millions de cellules dans les eaux polynésiennes qui s’uniront pour former un embryon.
Ce dernier cherchera ensuite à se fixer, généralement sur des coraux morts ou vivants pour leur permettre de se développer.
Pinctada Margaritifera à l'état sauvage.
Les huîtres sont hermaphrodites, d’abord mâles puis femelles après environ 2 ans.
Elles se reproduiront en relâchant des millions de cellules dans les eaux polynésiennes qui s’uniront pour former un embryon.
Ce dernier cherchera ensuite à se fixer, généralement sur des coraux morts ou vivants pour leur permettre de se développer.
Si notre embryon de Pinctada Margaritifera choisit plutôt de se poser sur les chapelets installés en mer par l’équipe de Gambier Perles, il sera de surcroît protégé, bichonné et nous offrira peut-être dans quelques années, une perle d’exception.
Si notre embryon de Pinctada Margaritifera choisit plutôt de se poser sur les chapelets installés en mer par l’équipe de Gambier Perles, il sera de surcroît protégé, bichonné et nous offrira peut-être dans quelques années, une perle d’exception.
Naissains d'huîtres pintadines s'apprêtant à servir de buffet à ce dangereux prédateur.
La pintadine polynésienne est sensible au confinement et à la densité d’élevage, c’est pourquoi la méthode retenue par les perliculteurs de la région et par Gambier Perles consiste simplement à installer en mer des guirlandes de cordage à l’aide d’ancrages et de bouées de surface, aux endroits où la densité d’huîtres naturelles est élevée.
Naissains d'huîtres pintadines s'apprêtant à servir de buffet à ce dangereux prédateur.
La pintadine polynésienne est sensible au confinement et à la densité d’élevage, c’est pourquoi la méthode retenue par les perliculteurs de la région et par Gambier Perles consiste simplement à installer en mer des guirlandes de cordage à l’aide d’ancrages et de bouées de surface, aux endroits où la densité d’huîtres naturelles est élevée.
La pose et l’entretien de ces « stations de collectage » se font uniquement en plongée. Les huîtres en devenir choisissent naturellement de se fixer aux chapelets, puisque c’est un environnement idéal à leur développement. Leur nombre peut être extrêmement variable en fonction de dame nature et de la présence de prédateurs. Les collecteurs resteront immergés en mer pendant 12 à 24 mois environ pour permettre aux naissains de croître. Après cette période, ils seront prélevés, puis les huîtres seront « détroquées », c’est-à-dire détachées des collecteurs, et séparer celles qui seraient soudées entre elles.
La pose et l’entretien de ces « stations de collectage » se font uniquement en plongée. Les huîtres en devenir choisissent naturellement de se fixer aux chapelets, puisque c’est un environnement idéal à leur développement. Leur nombre peut être extrêmement variable en fonction de dame nature et de la présence de prédateurs. Les collecteurs resteront immergés en mer pendant 12 à 24 mois environ pour permettre aux naissains de croître. Après cette période, ils seront prélevés, puis les huîtres seront « détroquées », c’est-à-dire détachées des collecteurs, et séparer celles qui seraient soudées entre elles.
Henry Jacob et Éric junior rentrant fièrement avec la récolte du jour.
On retourne ensuite les individus à la mer, mais cette fois dans les lagons à proximité de la ferme perlière, fixés grâce à un fil de nylon aux « paniers kangourou ». Elles seront ainsi protégées des prédateurs.
Pendant leur croissance qui s'étalera sur environ 18 mois, elles seront régulièrement visitées par les plongeurs puis émergées au besoin...
Henry Jacob et Éric junior rentrant fièrement avec la récolte du jour.
On retourne ensuite les individus à la mer, mais cette fois dans les lagons à proximité de la ferme perlière, fixés grâce à un fil de nylon aux « paniers kangourou ». Elles seront ainsi protégées des prédateurs.
Pendant leur croissance qui s'étalera sur environ 18 mois, elles seront régulièrement visitées par les plongeurs puis émergées au besoin...
...pour être nettoyées des algues, éponges, anémones et autres envahisseurs qui arrivent parfois à obstruer l’ouverture des coquilles les privant d’une nourriture essentielle à leur développement.
Les huîtres y grandiront jusqu’à ce qu’elles soient de dimension suffisante pour être greffées. À ce stade, on estime que 50% des individus périront de mort naturelle ou par l’action des prédateurs et autres espèces nuisibles. Les survivantes, soit l’autre 50 %, se rendront jusqu’au stade de la greffe.
...pour être nettoyées des algues, éponges, anémones et autres envahisseurs qui arrivent parfois à obstruer l’ouverture des coquilles les privant d’une nourriture essentielle à leur développement.
Les huîtres y grandiront jusqu’à ce qu’elles soient de dimension suffisante pour être greffées. À ce stade, on estime que 50% des individus périront de mort naturelle ou par l’action des prédateurs et autres espèces nuisibles. Les survivantes, soit l’autre 50 %, se rendront jusqu’au stade de la greffe.
Raimana, maître greffeur polynésien à l'oeuvre.
Les huîtres sont de nouveau sorties de l’eau. Elles seront délicatement préparées pour la greffe en commençant par entrebâiller légèrement les valves de la coquille pour permettre au greffeur de procéder à la délicate opération. Il écartera minutieusement le manteau et les branchies à l’aide d’une spatule et évaluera l'état de développement interne de l’huître, son tonus musculaire. Il portera une attention particulière à la dimension d’un appendice, au rôle physiologique encore nébuleux appelé la poche perlière.
Raimana, maître greffeur polynésien à l'oeuvre.
Les huîtres sont de nouveau sorties de l’eau. Elles seront délicatement préparées pour la greffe en commençant par entrebâiller légèrement les valves de la coquille pour permettre au greffeur de procéder à la délicate opération. Il écartera minutieusement le manteau et les branchies à l’aide d’une spatule et évaluera l'état de développement interne de l’huître, son tonus musculaire. Il portera une attention particulière à la dimension d’un appendice, au rôle physiologique encore nébuleux appelé la poche perlière.
À la suite de ces observations, le greffeur décidera si l’individu sera greffé ou non. Les huîtres non sélectionnées seront retournées à la mer ou vendues pour leur chair et leur nacre.
S’il décide de procéder, le greffeur pratiquera une petite incision dans la poche perlière pour y introduire le nucléus (bille de nacre) de dimension adaptée à chacune des huîtres, puis un greffon d’une huître qualifiée de donneuse prélevé sur la partie la plus externe du corps mou qu’on appelle le manteau. Les 2 nouveaux éléments doivent impérativement être en contact à l’intérieur de la poche perlière. La transparence de cette dernière permet au greffeur de s’assurer que le tout est correctement orienté.
La coquille de l’huître sera refermée et les pintadines greffées seront placées dans des pochettes de mailles fines, leur charnière vers le haut pour que le poids du nucléus ne l’entraîne pas vers l’incision puis dans les poches kangourou et rapidement réimmergées dans le lagon.
Par un bon greffeur, l’intervention est extrêmement rapide soit de 30 secondes à 1 minute par huître. On considère que le greffeur joue pour 1/3 sur la survie des huîtres et la qualité des perles récoltées.
À la suite de ces observations, le greffeur décidera si l’individu sera greffé ou non. Les huîtres non sélectionnées seront retournées à la mer ou vendues pour leur chair et leur nacre.
S’il décide de procéder, le greffeur pratiquera une petite incision dans la poche perlière pour y introduire le nucléus (bille de nacre) de dimension adaptée à chacune des huîtres, puis un greffon d’une huître qualifiée de donneuse prélevé sur la partie la plus externe du corps mou qu’on appelle le manteau. Les 2 nouveaux éléments doivent impérativement être en contact à l’intérieur de la poche perlière. La transparence de cette dernière permet au greffeur de s’assurer que le tout est correctement orienté.
La coquille de l’huître sera refermée et les pintadines greffées seront placées dans des pochettes de mailles fines, leur charnière vers le haut pour que le poids du nucléus ne l’entraîne pas vers l’incision puis dans les poches kangourou et rapidement réimmergées dans le lagon.
Par un bon greffeur, l’intervention est extrêmement rapide soit de 30 secondes à 1 minute par huître. On considère que le greffeur joue pour 1/3 sur la survie des huîtres et la qualité des perles récoltées.
Henry Jacob installant les chapelets d'huîtres perlières dans le lagon.
Environ 3 à 4 semaines après la greffe, des plongeurs iront retirer les pochettes pour repérer les huîtres qui auraient rejeté leur nucléus et les remettre à l’élevage ou à la mer. Les autres seront réinstallées sur les chapelets de cordage dans le lagon.
Le développement de la perle débute.
Henry Jacob installant les chapelets d'huîtres perlières dans le lagon.
Environ 3 à 4 semaines après la greffe, des plongeurs iront retirer les pochettes pour repérer les huîtres qui auraient rejeté leur nucléus et les remettre à l’élevage ou à la mer. Les autres seront réinstallées sur les chapelets de cordage dans le lagon.
Le développement de la perle débute.
Les cellules du tout petit morceau de manteau, que l’on a introduit en contact avec le nucléus, se multiplient jusqu’à entourer complètement le nucléus et l’isoler dans le sac clos de la poche perlière. La sécrétion des éléments nécessaires à la biominéralisation de la perle en formation s'amorce en déposant successivement des couches concentriques de nacre (aragonite) autour du nucléus. Pendant ce temps, l’équipe de la ferme perlière hisse régulièrement les chapelets d’huîtres hors de l’eau pour les nettoyer et les débarrasser encore une fois des espèces envahissantes pouvant entraver leur bon développement.
On compte entre 18 et 24 mois avant que la couche de nacre produite autour du nucléus soit suffisamment épaisse pour espérer récolter une perle de qualité. Pendant cette étape, encore environ 25 % à 30 % des huîtres périront par des causes naturelles et un autre 20 % aura rejeté son nucléus.
Les cellules du tout petit morceau de manteau, que l’on a introduit en contact avec le nucléus, se multiplient jusqu’à entourer complètement le nucléus et l’isoler dans le sac clos de la poche perlière. La sécrétion des éléments nécessaires à la biominéralisation de la perle en formation s'amorce en déposant successivement des couches concentriques de nacre (aragonite) autour du nucléus. Pendant ce temps, l’équipe de la ferme perlière hisse régulièrement les chapelets d’huîtres hors de l’eau pour les nettoyer et les débarrasser encore une fois des espèces envahissantes pouvant entraver leur bon développement.
On compte entre 18 et 24 mois avant que la couche de nacre produite autour du nucléus soit suffisamment épaisse pour espérer récolter une perle de qualité. Pendant cette étape, encore environ 25 % à 30 % des huîtres périront par des causes naturelles et un autre 20 % aura rejeté son nucléus.
Récolte d'une perle de Tahiti par Raimana, maître greffeur.
On hisse encore une fois les nacres hors de l’eau, on les nettoie et on les prépare de la même façon que pour la greffe en ouvrant légèrement la coquille. S’il y a une perle, le greffeur pratiquera une légère incision dans la poche perlière et libérera la perle. Après examen, si la perle est de bonne qualité, il replacera immédiatement au même endroit un nouveau nucleus de la même taille que la perle extraite. On appelle cette étape « le surgreffage ».
Récolte d'une perle de Tahiti par Raimana, maître greffeur.
On hisse encore une fois les nacres hors de l’eau, on les nettoie et on les prépare de la même façon que pour la greffe en ouvrant légèrement la coquille. S’il y a une perle, le greffeur pratiquera une légère incision dans la poche perlière et libérera la perle. Après examen, si la perle est de bonne qualité, il replacera immédiatement au même endroit un nouveau nucleus de la même taille que la perle extraite. On appelle cette étape « le surgreffage ».
Cela se produit dans environ 30% des cas et les perles nées de ce surgreffage seront de la même couleur que la première, avec souvent moins de défauts de surface, mais aussi moins de lustre.
Nul besoin cette fois-ci d’un morceau de manteau puisqu’il est demeuré bien installé à l’intérieur de la poche perlière ce qui réduira le temps de formation des perles nées d’une 2e voire d’une 3e greffe. Elles seront récoltées à nouveau avec les mêmes techniques que lors de la première greffe.
Les perles récoltées seront déposées dans une petite cuve rotative remplie d’eau et de copeaux de bambou ou autres pour y être nettoyées et lustrées. Ensuite, elles seront séchées et minutieusement observées pour séparer les perles d’exceptions, exclure les perles invendables et triées par qualité, forme et grosseur.
Il aura fallu plus de 50 mois de travail difficile et complexe, par tous les temps pour que le perliculteur puisse enfin admirer ses petites merveilles de la nature aidées par l’homme et se laisser encore une fois envoûter par l’extrême délicatesse de cette gemme précieuse sans pareil.
Cela se produit dans environ 30% des cas et les perles nées de ce surgreffage seront de la même couleur que la première, avec souvent moins de défauts de surface, mais aussi moins de lustre.
Nul besoin cette fois-ci d’un morceau de manteau puisqu’il est demeuré bien installé à l’intérieur de la poche perlière ce qui réduira le temps de formation des perles nées d’une 2e voire d’une 3e greffe. Elles seront récoltées à nouveau avec les mêmes techniques que lors de la première greffe.
Les perles récoltées seront déposées dans une petite cuve rotative remplie d’eau et de copeaux de bambou ou autres pour y être nettoyées et lustrées. Ensuite, elles seront séchées et minutieusement observées pour séparer les perles d’exceptions, exclure les perles invendables et triées par qualité, forme et grosseur.
Il aura fallu plus de 50 mois de travail difficile et complexe, par tous les temps pour que le perliculteur puisse enfin admirer ses petites merveilles de la nature aidées par l’homme et se laisser encore une fois envoûter par l’extrême délicatesse de cette gemme précieuse sans pareil.